0
.D._.E._.A._.D.____.W._.H._.I._.T._.E.___.S._.K._.I._.N.
.L.e rituel de chaque soirée. De couleur transparente et limpide, dissimulant la décomposition de l'être non éternel. Elle est loin de donner l'immortalité, loin de donner l'envie, loin d'apporter le bonheur...Avant d'être aussi liquide, il faut la diluer, puis la chauffer. Vous l'a trouvé douce ? Ou dur...Elle est forte et amène dans une réalité imaginaire...Inodore, incolore et dépendante. Elle nous consume le sang. Elle nous absorbe l'esprit. Pour enfin nous rapprocher, à chaque instant, de la mort.
Il a le tube en main. Posée sur le chevet, une bouteille d'alcool à 90 c° et un coton qui lui serviront de désinfectant. Il commence par lui faire un garrot. Il serre fort, mais sans barbarie afin que la veine gonfle et facilite l'adhésion du produit. Il rentre délicatement l'aiguille dans le flacon, pour en extraire la moitié. Il prend tout son temps, il ne faut rien brusquer. La musique résonne dans les murs pourtant épais. Inconsciente, et léser, elle se laisse faire. Il lui prend le bras, désinfecte la partie à piquer. Un, il glisse la piqure dans sa chair. Deux, il appuis. Trois, quelques secondes s'écoulent Quelques gouttes pénètre dans ses veines. Quatre, elle n'est plus là.
.L.'euphorie, le plaisir, la jouissance extrême. Un nuage, celui dont elle a toujours rêvé, l'enivrant. La musique et forte. Des flashs, le monde tourne vite, très vite. Vite, vite, vite...sa tête aussi, tout est rapide, de plus en plus rapide. Bonheur, bonheur, bonheur...La vie est belle, trop belle...
Tourne,
tourne,
tourne...La tension monte, le rythme de la sono aussi. La musique s'accélère, les paroles sont étranges...
” Gimme cocaine gime cocaine... So that I won't feel no pain... Gimme cocaine gimme cocaine... Put my brain under the drain... We're on our way we're on our way...” Elles se mélangent, elles s'entremêles, elles n'ont plus aucun sens... Epuiser. Oppresser. Plus d'air. Suffoque. Tente de revenir, toujours revenir, mais où ? Il faut courir, courir, toujours courir, fuir, fuir, fuir. Seule contre tous, ils vous regardent, vous observent. Ils se moquent. Leur sourire moqueur, leur rire stupide. Au milieu de tous, sans pouvoir bouger. Son corps figé, paralysé. Crier. Impossibilité de parler, impossibilité de respirer, impossibilité de pleurer. Plus aucun mouvement. Le cauchemar. Plus rien.
Noir.
ailleur-et-ici ©